• Anthony Obin

Discours du mercredi 18 Décembre au conseil municipal

Mis à jour : janv. 20

Monsieur le Maire,


Mesdames, Messieurs de la majorité,


Chers collègues,


Les orientations budgétaires d’une commune, et le budget qui en découle, sont importantes pour notre ville, car elles déterminent les choix et les priorités que nous fixons, la dette que nous laissons et enfin l’avenir que nous traçons. Il s’agit donc pour moi ce soir, non pas de critiquer gratuitement, mais de poser les bases d’une interrogation saine pour demain, et à côté de ce que la majorité détermine comme étant ses axes prioritaires, de proposer les miennes.

Nous avons dans ces orientations trois grands aspects, qui posent chacune leur lot de questions.

Le premier d’entre eux est le poids de la charge de personnel, qui atteint pour 2018, 58,1% du budget global, soit le plus important des postes de dépense de notre ville. Il n’est pas question ici de me faire le contempteur des services municipaux, pour lesquels j’ai du respect et dont je connais le dévouement. Mais, l’importance de ce poste pose la question à terme du poids politique des choix que nous pouvons engager. Car en faisant de la ressource humaine, le seul apport de la mairie, ou du moins son principal, nous nous privons d’une capacité d’aide sociale, d’une capacité d’investissements et finalement à terme d’une possibilité de choisir, puisque la masse salariale est une ambition de long-terme. Avec 297 salariés en octobre 2018 (soit un équivalent temps plein de 227,76), vous portez la lourde responsabilité d’une mairie forteresse, havre d’emplois certes, mais dont les sujets communaux ne peuvent plus être portés dans leur totalité de ce fait. Que dire des heures supplémentaires de la filière technique (1.133 heures) et des heures complémentaires de la même filière : 62.770 heures (sur un total de 67.247 !) ! Là encore, quelles explications à la majorité ? La ressource humaine ne peut pas tout, et à moins qu’il ne s’agisse d’un tour de passe-passe pour grossir les salaires, on peut légitimement s’inquiéter des conditions de travail de certains employés, qui pourraient se retrouver face à des risques psycho-sociaux importants. J’aimerais pouvoir disposer, pour étayer mon hypothèse, du taux d’arrêt maladie au sein des services de la mairie et merci de détailler ce chiffre par service s’il vous plaît M. Le Directeur Général des Services. A cette demande légitime, j’en adjoins une autre, celle de disposer d’un organigramme complet, nous permettant de constater, au-delà des vidéos qualitatives promotionnelles proposées à la population, la justification de chaque poste au sein de l’administration communale et la grille des salaires appliquée pour chacun. J’en terminerai sur ce premier point avec une dernière remarque qui fera le lien avec le point suivant. Notre dette communale à taux variable atteint 25% en 2018. Or, s’endetter pour payer des salaires, en droit, comme en économie, cela s’appelle rapidement une faillite.

Le second point, c’est le poids de la dette. Comme indiqué préalablement, le taux d’endettement atteint 25%, en baisse par rapport à 2015, et représente au 1er octobre, 7 408 624 euros. Alors que d’autres emprunts se profilent (4 millions d’euros en 2019 et 3 616 000 euros en 2020, faisant passer notre endettement à près de 50% du budget général), ce chiffre est à mettre en rapport avec les recettes, dont vous indiquez dans votre document que la première d’entre elles est l’impôt au niveau local (en augmentation cumulée de 13,2% depuis le début de cette mandature). Cette réalité, partagée par de nombreuses communes de même taille, souffre du parallèle avec le contexte économique dans lequel nous nous situons. Les français sont las d’un système d’imposition complexe et coûteux. A l’échelle nationale, un effort est demandé, et il se répercutera tôt ou tard sur l’échelon local. Cela imposera des choix, ceux que vous ne voulez pas faire aujourd’hui. Préparer l’avenir, ce serait trouver de vraies recettes, des services payants, utiles, porteurs de sens. Et surtout attractifs. Pour faire rayonner notre ville, pour la faire grandir et qu’elle s’affirme à côté de Loos, qui attire sans cesse plus de monde, d’habitants, de commerçants. Pour faire de nous, une porte ouverte sur les Weppes, et

créer du lien avec ces territoires, qui font partie d’un espace métropolitain qui semble si dynamique ailleurs. A ces choix, il faudra adjoindre de vrais efforts, pour soutenir l’activité économique de la ville, qui ne peut reposer sur une seule usine et sur quelques commerçants déboussolés. Nous lancerons prochainement une initiative peu coûteuse, créatrice de liens et de sens, pour aider à redynamiser le commerce partout dans notre ville. Las de payer des impôts, les français constatent également la baisse inéluctable des aides de l’Etat aux collectivités. Nous ne faisons pas exception. Cependant, là encore, il s’agit de choisir. L’argent ne pousse pas sur les arbres, et nous savons que le contexte sera de plus en plus tendu. Vous prévoyez d’investir, d’ici 2021, 10 millions d’euros pour la construction de deux écoles, 675.000 euros pour la rénovation de la salle Lisbonne, 400.000 euros pour les travaux d’accompagnement du quartier du Parc et 480.000 euros pour la mise en accessibilité de la commune. Mais où trouverez-vous l’argent ? Il y a des promesses électorales qui coûteront dans les urnes et alors que de nouvelles élections municipales se profilent, je supplie votre majorité, de ne pas laisser à ceux qui géreront la ville après vous, le cadeau empoisonné d’une dette incontrôlable, qui aurait vocation à payer une masse salariale non maitrisée plutôt que de l’allouer à des investissements d’avenir !

Le troisième et dernier aspect de votre politique budgétaire, c’est l’absence totale de perspectives. Nous aurions aimé des réponses concrètes sur tout un tas de questionnements. Où est la ville verte ? A l’heure où les préoccupations écologiques sont en pointe dans le coeur des français, rien ne le reflète dans vos choix. Où est la ville qui se charge du développement économique et du logement ? La dernière cérémonie d’accueil des nouveaux habitants donne un véritable signal sur l’absence d’attractivité de notre commune, où la mairie valorise ses services, mais pas les habitants, pas les quartiers, pas les associations … Où est la ville associative ? Où est la ville innovante ? Où est la ville 2.0 ? Où est la ville qui donne une perspective à 30 ans et qui fait rêver ses habitants en les intégrant à la réflexion collective, à travers une démocratie plus participative, plus pédagogique, plus à l’écoute ?

Aujourd’hui, nous prenons date. Les haubourdinois seront informés et sauront que deux conceptions de la ville existent. La vôtre, d’abord, puisque vous êtes en place. Celle d’une ville où les commerçants ne sont pas soutenus, où le centre-ville est hyper-bancarisé, où la vie associative est passée par pertes et profits, où on fait le choix de laisser filer la dette pour prétendre offrir une ressource humaine que demain nous n’aurons plus les moyens de payer. Et la nôtre. Elle s’appuiera sur les quartiers. Sur les habitants. Sur les talents. Nous quitterons la forteresse que vous avez bâti, nous détruirons les murs que vous avez construit, pour rendre à la population son droit à décider de son destin et nous équilibrerons vos choix budgétaires désastreux, en investissant sur l’avenir pour une ville verte, économiquement saine, attractive et dans laquelle l’idéologie, qui tient lieu de paravent à votre manque de courage politique, sera remplacée par une ambition collective assumée !


Anthony Obin

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